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Une Bessarabie convoitée et déchirée

1) Visiter la Transnistrie : une journée qui ne s’oublie pas

2) Facile depuis Chisinau

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1) Visiter la Transnistrie : une journée qui ne s’oublie pas

Se rendre en Transnistrie n’a rien d’exceptionnel, contrairement à ce que rapportent les récits de certains « reporters de guerre » racontant leurs exploits et qui font se plier de rire les diplomates occidentaux en poste à Chisinau. Bien sûr, une visite sera plus mouvementée si la période est tendue. Il faut toutefois prendre conscience qu’il s’agit d’une zone de non-droit où, s’il arrive quelque chose, on ne dispose d’aucun recours, les ambassades y ayant très peu de moyens d’agir.

Entre dernier barrage moldave, celui de la force d’interposition russe, puis des forces transnistriennes, le passage de la frontière ne réclame pas plus d’un quart d’heure. Le temps d’observer les deux ou trois tanks à demi camouflés rangés sur les bas-côtés du « no man’s land » et que l’on prend davantage pour des pièces de musée.

Seul le passeport avec le visa moldave est nécessaire. Les militaires le regardent à peine, sauf à certains endroits où ils voient très peu d’étrangers passer, s’agglutinant alors pour l’examiner avec curiosité. Une taxe d’entrée de 6-7 lei moldaves (18 lei = un euro) par personne est demandée pour la journée, un peu plus si vous venez avec votre voiture. Si on souhaite séjourner plus longtemps, il faudra remplir une fiche, ce qui prend cinq minutes, la seule difficulté étant qu’elle est en russe. Il ne faudra surtout pas se démunir du talon qui vous sera remis car il est la preuve que vous êtes entré légalement et sa perte peut vous valoir des ennuis à la sortie.

En général, on ne demande pas de bakchich, du moins si vous êtes accompagné par un Moldave qui remplit les formalités pour vous. D’ailleurs, après l’expérience de cinq-six passages en Transnistrie, il est difficile d’affirmer que cette pratique se transforme en racket. Bien sûr, quelques billets peuvent arranger certaines situations. Mais la population se débrouille avec ses « ficelles » qui laissent éberlué l’étranger.

Exemple : un chauffeur de taxi arrêté sur une route déserte par un policier seul en faction, pour un excès de vitesse qui n’existait pas, et visiblement désireux de se faire un peu d’argent. Le « contrevenant », sortant ses papiers, exhibe également une carte d’invalidité, et indique qu’il est un vétéran de guerre, blessé à Cuba, ce qui est aussi faux que l’infraction reprochée. Le policier se met immédiatement au garde à vous… le laissant partir. Dans l’ex-URSS, on ne plaisante pas avec les héros du socialisme !

2) Facile depuis Chisinau

Visiter Tiraspol et Thigana se fait dans la journée, si on part de bonne heure. On peut s’y rendre depuis la gare routière de Chisinau par des cars confortables (trajet d’une heure, coût un euro) ou des maxi-taxis. Les départs sont fréquents ; attention, le retour du dernier car se fait à 17 heures. Sur place, il ne faut pas oublier de changer, la monnaie étant le rouble transnistrien (reconnu uniquement sur place) et l’on vous en donne dix pour un euro. Ces billets exotiques seront sans-doute le souvenir le plus original que vous pourrez rapporter et ravira vos amis collectionneurs.

Dans la capitale, le mieux est de louer les services d’un taxi, si possible parlant roumain qui vous fera faire le tour de la ville en une heure ou deux (compter 5 € de l’heure). Ensuite vous pourrez vous balader tranquillement, humant l’atmosphère de l’époque soviétique… ce qui ne s’oublie pas.

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